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jeudi

Challenge Woody Allen#6 Intérieurs

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé deregarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allenavant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Interiors ****
(Intérieurs)

(1978) avec Geraldine Page, Diane Keaton

Un vieil homme décide de profiter du temps qui lui reste et de quitter son épouse très fragile, passionnée de décoration intérieure mais depuis toujours hostile à la vraie vie. Leurs trois filles, Renata, Flynn et Joey assistent impuissantes au délitement du couple parental, à la renaissance du père, à la mort de la mère.




Un très beau drame, dans une ambiance vraiment nostalgique, avec de longs silences, et bourré de dépression, de rancoeur, d'infinie tristesse et de mort. 

mardi

Challenge Woody Allen#4 Another woman

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Another woman **
(Une autre femme)

(1988) avec Gena Rowlands, Ian Holmes, Mia Farrow, Gene Hackman



Tout semble sourire à Marion (Gena Rowlands), qui est une femme brillante, professeur de philosophie à l'université, en congé pour écrire un nouveau livre, mariée à un charmant cardiologue qu'elle adore, très belle femme de 50 ans qui assume son âge avec panache. Ils mènent une vie intellectuellement stimulante et socialement intense.

Pourtant, l'écoute involontaire de discussions entre un psychanalyste et sa patiente en détresse (une obsession récurrente chez Woody Allen), qui discutent à l'étage au-dessus de son bureau, fait prendre conscience à Marion des failles dans sa vie et celle de ses proches, par exemple au sujet du manque cruel de relations sexuelles sur le sol.

Au hasard d'une rencontre entre les deux femmes, par un effet qui a certainement un nom dans les milieux autorisés, la déprimée (Mia Farrow enceinte jusqu'aux yeux) se réveille et s'envole pendant que Marion s'effondre. Mais comme elle a de la ressource, elle saura y voir le bon côté des choses et rebondir encore une fois.

Gena & Gene


Another woman n'est pas du tout une comédie, et fait partie de la période disons torturée de Woody Allen. Tout le monde n'aime pas, mais Gena Rowlands est tellement géniale!

samedi

Le facteur sonne toujours deux fois, James Cain

Californie, années 30. Frank Chambers vagabonde, traverse le pays en prenant le train en douce, ne fait rien de ses dix doigts sinon se battre à l'occasion. Un beau jour, il déjeune sans intention de payer dans un boui-boui de bord de route aux portes de Los Angeles, et le patron, un gros grec qui aurait mieux fait de pas se lever ce matin-là, lui propose un boulot et un toit. Frank s'apprete à refuser, mais en apercevant la femme du grec, la belle Cora qui trime en cuisine, il finit par accepter la proposition.

Suivront beaucoup de sexe, d'alcool, de craquements d'os et de sang, sans un mot de trop.



Un roman noir, dense, violent et époustouflant. Je l'ai lu en une matinée, avec quelques pauses pour me remettre et éviter de vomir dans le salon.


***

Le facteur sonne toujours deux fois, James Cain (1934).

Deux adaptations cinématographiques: une datant de 1946 avec Lana Turner et l'autre de 1981 avec Jessica Lange et Jack Nicholson.


D'autres romans sombres et tragiques avec un meurtre si simple qui s'avère n'être que le début d'effroyables ennuis intérieurs? Thérèse Raquin, d'Emile Zola (1867) et bien entendu Crime et châtiment, de Dostoïevski(1866)!


Un autre film dans la même veine? Les Diaboliques, d'Henri-Georges Clouzot(1955)!


mercredi

La contrevie, Philip Roth

Voilà les cartes:

Londres, Newark, Jerusalem.
Nathan, Henry, Maria.
Le sexe, la mort, la religion, l'écriture, une vie et une seule.
La Suisse, la Judée, le Gloucestershire.
Les parents, les enfants, les épouses et les amants. Les frères ou les faux frères.
Baiser ou ne pas pouvoir, mourir ou ne pas vouloir,  s'engager ou s'enfuir, le livre ou le contrelivre, la vie ou la contrevie.



La contrevie est une succession de mélanges, d'options et de diverses possibilités à partir de ces ingrédients essentiels et majeurs chez Philip Roth (et les êtres humains en général).

Que faire de l'unique chance de vivre que nous avons? comment sont distribuées les cartes? comment tricher? comment gagner? c'est quoi gagner quand on sait que tout est perdu d'avance?

Et comme ça m'épuise d'être aussi spirituelle et profonde, je m'arrête là!


***

La contrevie, Philip Roth (1986). (V.O. The counterlife)

Ce que je préfère chez Philip Roth? Nathan Zuckerman!

dimanche

Challenge Woody Allen#3 Love and Death

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.



Love and Death *****
(Guerre et Amour)

(1975) avec Diane Keaton et Woody Allen. 
Comédie historico-littéraire.

Russie, début XIXème siècle.
En pleines guerres napoléoniennes, Boris, un jeune poète couard et bavard (Woody Allen), obsédé par le sexe, l'existence (ou non) de Dieu et ce qui se passe lorsqu'on décède, est amoureux de la belle Sonja (Diane Keaton). 

Un grand nombre de péripéties à la russe (le film est une adaptation libre de Guerre et Paix) l'amènent entre autres à combattre en duel pour les beaux attraits d'une comtesse, épouser sa cousine, manger de la neige, tenter d'assassiner Napoléon, et finalement mourir.


Love and Death est une comédie intelligente et cultivée (le pastiche de Bergman, les discours impromptus à la Tolstoï sur la nature ou le dialogue dostoïevskien sont à pleurer), comme d'habitude, mais aussi d'un niveau de drôlerie rarement atteint.

mardi

Challenge Woody Allen#2 Hannah and her sisters


Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.


Hannah and her sisters ***


(1986) avec Mia Farrow, Dianne West, Michael Caine, Woody Allen. 
Comédie bavarde.

Trois soeurs, deux maris, un tas de possibilités. 
Hannah (Mia Farrow), l'aînée des trois soeurs, est la rescapée de la famille: riche, brillante, comblée, épanouie dans sa vie professionnelle et familiale alors que ses deux soeurs, Lee et Holly, pas du tout.
L'une est droguée, l'autre alcoolique, elles n'ont pas de travail, vivotant des bluettes sans lendemain ou aux crochets d'un vieil emmerdeur -mais cultivé. 
Lee et Holly se partagent les miettes d'Hannah en lui tapant du fric, mangeant à sa table ou en couchant avec ses maris ou ex-maris (Michael Caine, parfait dans son imper col de fourrure, et Woody Allen, hypocondriaque perdu dans sa foi, soigné par les Marx Brothers).

Hannah partageant sa félicité, les frangines finiront par trouver le bonheur.

Challenge Woody Allen#1 September & Shadows and Fog


Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.


September **

(1987) avec Mia Farrow et Dianne West. 
Comédie triste.


Ambiance Bergman, huis clos dans une maison du Vermont, Lane (Mia Farrow) est déprimée, s'habille comme un sac et n'a pas vu de peigne depuis un moment.
Elle est aimée secrètement par un vieux voisin veuf, mais amoureuse d'un jeune écrivain qu'elle héberge pour l'été, lui-même attiré par la meilleure amie (Dianne West) de Lane, de passage pour oublier mari et enfants.

L'été finirait comme il semble s'être déroulé (comprendre: sans baiser) sans l'arrivée de la mère impétueuse de Lane, bourrasque futile aux éclats de voix assourdissants, ancienne pin-up aux choix de vie délicats, au penchant net et sans détour pour la vodka.

A la faveur d'une tempête, tout s'emmêle, se démêle, quelques aveux et beaucoup de cris, avant les valises.



Shadows and Fog ****
Ombres et brouillard


(1992) avec Woody Allen, Mia Farrow, John Malkovitch, John Cusak et apparitions de Jodie Foster, Katie Bates et Madonna. 
Comédie.



Ambiance Murnau / Kafka / Freaks, film en noir et blanc.

Dans une ville d'Europe centrale, sévit un étrangleur. Kleinman ("petit homme" en allemand) (Woody Allen), un employé de bureau nerveux et un peu couard, est réveillé en pleine nuit pour participer à une battue de citoyens afin de retrouver l'étrangleur.
Il ne sait pas ce qu'il est sensé faire alors que tout le monde a l'air de penser qu'il sait (comme dans Le Procès, Kafka), et tout un tas de quiproquos et de malentendus découlent de cette incompréhension/inadaptation.
Tout au long du film qui se déroule sur une nuit pleine d'ombres et de brouillard, cachant les visages, intensifiant les bruits, déformant les silhouettes, il va se trouver poursuivi, arrêté, licencié, soupçonné, agressé, menacé...

Il croise plusieurs personnes durant cette étrange nuit, dont une avaleuse de sabres qui ne paie pas de mine (Mia Farrow), mais qui va se révéler forte et déterminée (like a jungle cat), l'aidant lui-même à trouver du courage, mais aussi à fuir (courage fuyons) dans un nouveau monde de magie et d'illusions.


vendredi

Elégie pour un américain, Siri Hustvedt


Merci à Blogger qui a su, 
en effaçant mon premier jet spirituel et enlevé, 
mettre à l'épreuve ma mémoire et ma ténacité.

Soyons clairs, ce que je préfère chez Siri Hustvedt, ce ne sont pas ses écrits. Ceci dit, ses romans ne tiennent pas trop mal la route, j'avais bien aimé Tout ce que j'aimais  (What I loved) (dédié à Paul Auster) malgré le titre vachement culcul-la-praline (aka Anna Gavalda) et L'envoûtement de Lily Dahl (The Enchantment of Lily Dahl) (dédié à ses mère et soeurs), au titre un peu plus austérien.



Elégie pour un américain (The Sorrows of an American) (dédié à sa fille Sophie Auster) démontre que l'auteur a de la suite dans les idées et un instinct familial très abouti. 

L'idée est intéressante, partir de bribes du journal de son père (le vrai) pour broder un roman sur l'américanisation, l'héritage et la transmission au sens large (d'une maison, d'un caractère, d'une nation), et puis comme le narrateur est psychiatre, on peut être sûr que tout cela sera traité avec intelligence et analysé avec finesse (les psy référents de Siri Hustvedt sont cités en fin d'ouvrage comme gage de sérieux).

Ca se passe à New-York où des tas de personnages beaux et intelligents se croisent (bon, il y en a bien un qui souffre de sudation excessive et handicapante) (d'ailleurs c'est le pauvre de service) (et si je vous dis qu'à la fin il s'avèrera être un brin travelo, vous risquez de ne pas me croire!) (à tort!).
Certains rappellent étrangement Siri, Paul et Sophie (sauf qu'ils s'appellent Inga, Max et Sonia, voyez le genre), ce qui convient parfaitement à mon appétence pour les romans à clé (aka Voici).

Le thème de la mémoire familiale dans le corps et dans l'esprit, ça m'a semblé un brin convenu et déjà vu; la construction quant à elle m'a dans l'ensemble un peu frustré, avec des tas d'histoires qui partent dans tous les sens, ce qui me laissait le temps de divaguer et d'imaginer des tas de solutions aux problèmes posés et finalement rien ou presque. 
Mon avis est partagé au final, entre une intrigue sympa et un mari de l'auteur trop génial, comme quoi c'est pas contagieux.



***

Elégie pour un américain, Siri Hustvedt(2008).

Ce que je préfère chez Siri Hustvedt? Son mari Paul Auster!

Mon premier roman de Paul Auster? Mr. Vertigo, lu pendant l'été 1997.

Deux supers films plus ou moins de Paul Auster? Smoke de Wayne Wang et Brooklyn Boogies de Wayne Wang et Paul Auster.

mercredi

Le coeur est un chasseur solitaire, Carson McCullers





Dans la triste moiteur d'une ville du Sud des Etats-Unis, 1938.
Il y a Mick Kelly, la grande fille qui se cherche en musique. 
Et aussi le Docteur Copeland, un vieux médecin noir, communiste et malade.
Singer, le mystérieux sourd-muet qui est de toutes les conversations et qui écoute tout le monde mais se morfond sans son ami.
Jack Blount, le syndicaliste alcoolique qui répare les manèges.
Biff Bannon, le bistrotier veuf, soigné et pédophile.
Portia, l'employée de maison noire qui a'ondit les angles.
Baby, la mini-miss.
Harry, l'adolescent juif qui rêve de tuer Hitler.
Il y a aussi William, Antonapoulos, Ralph, Highboy, Alice, Mickey Mouse...



Ils se croisent, se parlent, ne se comprennent ni ne s'entendent.
Il y a la crise, la ségrégation, l'alcool, la misère, les accidents, le désespoir, la solitude, la violence policière, la maladie, la mort.
Il y a des pieds sciés, un coup de fusil accidentel, des injures et des violences sur un vieil homme à terre, un suicide, une bagarre sanglante.

Très peu d'espoir, un peu de musique, d'amitié, et Karl Marx.




***

Le coeur est un chasseur solitaire, Carson McCullers (1940).

Un court roman de la même auteur avec des questions sur le sexe: Reflets dans un oeil d'or (1941) (adaptation cinématographique avec Elizabeth Taylor, ce que je ne savais pas en le lisant, mais c'est pourtant à elle que je pensais!).

Mon premier film préféré de ma vie sur fond de ma première chanson préférée de ma vie avec mon premier habit préféré de ma vie (la marinière) adapté de Frankie Addams (1946) de Carson McCullers: L'effrontée, Claude Miller (1985).



jeudi

Accordez-moi cette valse, Zelda Fitzgerald

Plusieurs problèmes de taille se sont posés à moi à la lecture de ce "roman", sorte de préfiguration de l'auto-fiction à clés (recherche Francis, recherche Ernest...).






D'une part, j'ai toujours détesté son mari, Francis Scott Fitzgerald; étant donné qu'elle aussi, je pensais que ça nous ferait un point d'entente mais en fait non.

D'autre part, elle souffrait de troubles psychiatriques importants (en tout cas elle a passé du temps en HP, où elle mourût d'ailleurs dans des conditions horribles) (dans un incendie pour tout dire, un truc affreux), et à l'époque où elle rédige ce texte, elle est déjà internée, ce qui doit expliquer ce nombre ahurissant et le style complètement halluciné de ses métaphores. Du jamais vu, on croirait lire des poèmes écrits en mode automatique par un lycéen sous acide. A un moment, ça s'arrête et on reprend le fil, David (Francis) est égoïste et mesquin, Hataway (Hemingway) un connard fini, etc.


Enfin, il semblerait que Francis (l'égoïste mesquin) ait outrageusement tronçonné dans les écrits de Zelda (le manuscrit original, son journal, ses nouvelles) et pillé la plupart des bons passages pour étayer ses propres textes. Comme quoi j'avais raison de le détester.

Cela étant, je conseille la lecture pour toutes les femmes qui s'imaginent pouvoir devenir ballerine à vingt-cinq ans passés (ce qui réunira bien peu de personnes, je le crains).




***

Accordez-moi cette valse, Zelda Fitzgerald (1932).

Un autre roman également sur le même sujet écrit de l'autre point de vueTendre est la nuit, de Francis Scott Fitzgerald (1934), mari de Zelda.


Un autre roman écrit par Gilles Leroy sur le même sujetAlabama Song, prix Goncourt 2007 qui plus est. 
Comme je l'avais déjà lu dans un moment de curiosité mondaine, je connaissais déjà toute l'histoire de la vie  de Zelda, d'autant que le dit Gilles s'est contenté de tout recopier en virant les métaphores (du coup j'ai préféré, mais ça m'embête, pour des causes de propriété intellectuelle).


Le film: Tender is the night, Henry King (1962).

vendredi

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee


Il faut d'abord insister sur le fait que ce célèbre roman fort bien ficelé est destiné à la jeunesse, donc passé treize ans, on trouvera ça cucul-la-praline, à juste titre.

Cela étant dit, pour l'élévation des jeunes gens, ça peut être intéressant, abordant des thèmes importants comme la justice, l'injustice, les différences sociales, la tolérance, et bien entendu le racisme puisque situé dans l'Alabama des années 30 et de la grande crise, il s'agit du sujet central.
La narratrice, Scout, évoque cependant ses souvenirs d'enfance de petite fille un peu agitée, entourée de son grand frère chéri Jem et d'un ami fidèle quoiqu'estival, Dill, sur un ton naïf, léger et souvent drôle, alors que le sujet (la violence des injustices faites à un jeune noir - pourtant propre et fréquentant l'église) permettait facilement de verser dans le larmoyant et la manichéisme primaire.
On n'en est pas loin, mais le pire est évité.

Perclus de bons sentiments, certes, mais écrit à la fin des années 50, à une époque où les problèmes évoqués n'avaient guère été réglés et étaient même d'actualité (conquête des droits civiques des noirs américains), ce roman a du mérite et d'ailleurs il ne cesse depuis d'être une référence en la matière (il fait partie des ouvrages incontournables étudiés dans tous les collèges et lycées des Etats-Unis).
On notera avec ravissement, pour ceux que ça intéresse, que le personnage de Dill a été influencé par Truman Capote, ami d'enfance de l'auteure, Nelle Harper Lee.

La biographie de cette dernière interpelle par ailleurs, puisqu'après avoir connu un phénoménal succès avec ce premier roman, assorti de la gloire d'un prestigieux Pulitzer 1961 et d'une adaptation cinématographique immédiate offrant des oscars notamment au magnifique Gregory Peck qui tient le rôle du père, Atticus Finch, merveilleux de gentillesse, de dignité et de droiture, la jeune femme qui a fini par vieillir n'a plus jamais rien publié.
A ce sujet, des tas de légendes ont circulé: Capote serait le véritable auteur, ses tiroirs seraient pleins mais l'angoisse d'affronter la critique importerait trop à la discrète romancière, ou bien encore elle publierait sous différents pseudonymes... (source: wikipédia, alors si ça se trouve c'est pas vrai!).


***
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, un roman signé Harper Lee, 1960 (Editions de Fallois, Livre de poche).

Deux films où apparait la figure de Nelle Harper Lee sous les traits respectifs de Catherine Keenner et de Sandra Bullock: Capote de Bennett Miller (2005) et Infamous (Scandaleusement célèbre) de Douglas McGrath (2006). J'ai vu les deux, ce sont deux films traités de la même façon sur la même période (l'enquête et l'écriture du roman De sang froid), avec quelques nuances dans l'interprétation des écrits; j'ai préféré Infamous, le méchant était plus sexy et plus... méchant.

Le film tiré du roman To kill a Mockingbird: Du silence et des ombres un film de Robert Mulligan, 1962.


lundi

Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Michel Gondry


Il y a Clémentine, une jeune femme pas gentille qui s'applique à tenter d'être foldingue pour dépasser ses complexes, et Joël, qui ressemble trait pour trait à la personne avec qui je vis (dans le genre gentil, timide, effacé, gentil, portant des polos et un duffle-coat voire une parka quand il neige, coeur d'artichaut, gentil, désolé, gentil, mal rasé, et tellement sage, calme et gentil).


Et puis alors... Un médecin un rien geek a magouillé un programme ingénieux permettant d'effacer de sa mémoire l'existence d'une personne, et de faciliter par là-même les ruptures sentimentales. Clémentine et Joël s'adorent mais comme ils font que s'engueuler car il faut que jeunesse se passe, ils entrent dans diverses circonstances en contact avec le cabinet de ce médecin et de ses employés un rien loufoques (Kirsten Dunst en petite culotte, Elijah Wood, Mark Ruffalo), histoire de s'effacer l'un l'autre.

Nous découvrons ainsi les personnages à travers les mondes passés, présents, rêvés, transformés par la mémoire ou transformables par la technologie. On assiste à une sorte de psychanalyse sous hypnose en différé puisqu'en fait, on sait déjà comment ça finit (ce que j'avais deviné depuis le début, mais on s'en fiche).

***

Eternal Sunshine of the Spotless Mind, un film de Michel Gondry (2004).

Un autre film inventif et délirant de Michel Gondry: Be Kind, Rewind (2007), mais j'ai aussi de la tendresse pour son doc musical qui confirme si besoin était mon envie de vivre un jour à Brooklyn et qui je pense a partiellement inspiré Be Kind, Rewind: Dave Chappelle's Block Party (2006).

Un autre grand film avec Jim Carrey: Man on the Moon, de Milos Forman (1999).

Une autre sublime comédie romantique avec Kate Winslet: Sense and Sensibility, de Ang Lee (1995), adapté du roman de Jane Austen (1811).





vendredi

Nouvelles histoires du Wyoming, Annie Proulx

Je n'ai fichtrement aucune idée de où peut bien se trouver le Wyoming sur une carte des Etats-Unis; pas grave, a priori les habitants du Wyoming non plus!
Ne connaissant Annie Proulx que de lointaine réputation, j'imaginais une série de nouvelles sordides, ou cruelles, ou dures, à la fin desquelles je ne pourrais m'empêcher de pleurer comme une madeleine.
Il y en a, cela dit j'ai énormément ri, voire été prise au dépourvu, notamment par quelques saillies surréalistes.
Des péquenots et des loosers, certes d'abondance, mais toujours traités avec respect et bienveillance, en quelque sorte, notamment les héros récurrents traînant au bar Pee Wee à Elk Tooth (nulle part et partout, au Biergarten du coin on doit trouver les mêmes!).
La plupart des personnages sont grotesques, mais pas dupes d'eux-même.
La morale de ce recueil, dont la première nouvelle porte le délicieux titre équivoque Le Trou de l'Enfer pourrait être que le monde n'a peut-être rien de bien joli, mais on s'en remettra.

Et c'est ce que nous annonçait l'épigraphe, après vérification...

***
Nouvelles histoires du Wyoming, d'Annie Proulx, 2004, (Le Livre de Poche).

Où l'on comprend que les paysans du Wyoming peuvent aussi avoir des sentiments : Brokeback Mountain, un film dramatique tout ce qu'il y a de plus dramatique, de Ang Lee, 2005, d'après une nouvelle d'Annie Proulx, justement, ouah le monde est petit!

lundi

Love Song, Shainee Gabel

Voici un film méconnu mais d'un charme fou.
D'ailleurs il est temps d'avouer que je considère John Travolta comme le meilleur acteur du monde.



Il y a une maison ratatinée en Louisiane, remplie de bouteilles vides et de vieux bouquins; un ancien prof de littérature usé et alcoolique, qui a transformé un jeune écrivain fringant en ancien prof de littérature usé et alcoolique; une jeune fille très en colère et jolie comme un coeur; beaucoup de sentiments charmants et fatigués; de la guitare, de l'harmonica, avec un bruit de grillons entêtant; un mélange de clochards célestes et de ratés magnifiques. De la torpeur moite.

Un vrai bijou!



***
Love Song; a love song for Bobby Long, un film de Shainee Gabel (2004).

Un autre film avec un écrivain alcoolisé mais plein d'amour: Bukowski, un doc américain de John Dullaghan (2005).

Une autre histoire de fainéants qui se passe à la Nouvelle Orléans: La conjuration des imbéciles, un roman humoristique mais sombre de John Kennedy Toole (publié en 1980).





vendredi

Joyeuses funérailles, Ludmila Oulitskaïa

Un délicieux petit roman réunissant à la fois de l'âme slave et de l'esprit new-yorkais que j'affectionne tant.



Il y a plein de monde qui circule dans ce grand loft où le héros de ces dames se meure lentement; d'après les infos télévisées, ça bouge en URSS; l'Amérique a réservé des parcours différents à tous ces émigrés qui se fréquentent autour du futur défunt, comme un Moscou reconstitué; l'air suffoquant de l'été new-yorkais plonge tous les personnages, qui veillent au chevet de leur ami, dans une certaine torpeur, se désaltérant de vodka au jus d'orange, à la mode américaine. Une jeune fille qui se cherche une histoire, des ex-maîtresses qui ressassent, un pope et un rabbin, une folle qui ne sait pas quoi se mettre, le sens du départ, beaucoup d'amis responsables, une scène finale très émouvante.

***

Joyeuses funérailles, Ludmila Oulitskaïa, Gallimard, Folio (1997).

Un autre petit roman bourré d'expatriés bohêmes: Jours tranquilles à Clichy, Henry Miller.

Le vin de la jeunesse, John Fante

Rien ne serait plus agréable à mes yeux peu audacieux mais bleus que de retrouver un héros de fiction aimé, s'il n'y avait de ces écrivains qui dépassent tout et se font reconnaître, d'un livre à l'autre, roman, nouvelle, essai, article ou poésie. 
Je raffole de l'auteur génial qui se glisse dans ses thèmes de prédilection et révèle ainsi de ses préoccupations principales (de manière très frappante et récurrente, comme, je sais pas, chez Paul Auster et Philip Roth par exemple, ou Romain Gary, ou Colette, ou Dorothy Parker, enfin bref chez les auteurs qui se posent un peu là).  
Les bouquins se complètent, comme des pièces d'un puzzle, et on n'aime rien tant que de retrouver le fil qui les relie, les doublons qui n'en sont pas, les nuances et leur sens. 

Alors quand il s'agit de John Fante, de Jimmy Toscana ou d'Arturo Bandini, on atteint des sommets.
Ici, un recueil de courts récits d'enfance et de jeunesse, publiés après la mort de l'auteur en 1983.

Denver, les Rocheuses, les conserveries de Californie, maman qui voulait être nonne, papa le maçon qui n'a pas de boulot en hiver et qui savate, le charbon à rentrer, l'école catholique, les poules de maman, et les poules de papa, les arrestations pour désordre sur la voie publique, les spaghetti et les ravioli, l'épicier irlandais qui accepte le crédit mais qui fait peur, le base-ball, les machines à écrire, les confessions, Dieu, les philippins; sortir de sa famille, écrire, être estimé pour ce qu'on est, ne pas reproduire les erreurs parentales dont on a souffert, savoir aimer (c'est pas une chanson ça?), avancer en gardant du recul.

Le vin de la jeunesse, John Fante (1940), recueil de courtes nouvelles publié post mortem en 1985, un poche 10/18 (Christian Bourgois). (à peu près 7€)

Un autre roman de jeunesse complètement génial de John Fante que je conseillerais à qui ne connaît pas: La route de Los Angeles (1933), refusé par les éditeurs, publié post mortem en 1985.

lundi

Angels in America, Mike Nichols

En ce moment je regarde la série Angels in America, une formidable épopée gay et anti-républicaine, quoique ce serait réducteur et idiot de la limiter à ça. Ca se passe à New-York en 1985, différents personnages s'entrecroisent autour des questions de l'homosexualité, du Sida et de la maladie en général (la souffrance, l'espoir de guérison, la dépression), mais aussi de la culpabilité, de la fuite, du mensonge, de l'honnêteté (envers soi et les autres), de l'amour (et de l'ambivalence des sentiments), le tout sur fond historique américain: les années Reagan, les relents toujours vivaces du maccarthysme, le communisme (on y croise des personnages qui ont vraiment existé, comme Ethel Rosenberg, ou Ray Cohn), le racisme (avec le personnage de Belize, juste et intansigeant), les religions (on y parle de prophète, il y a un ange sexy et les personnages sont caractérisés par leur côté juif, WASP ou mormon).
Ce mélange entre fiction échevelée et vérité historique, c'est tout ce que j'adore dans la littérature, en général; d'ailleurs le titre original de la pièce de théâtre de Tony Kushner dont est issue cette adaptation télévisuelle condense parfaitement cette idée: A Gay Fantasia on National Themes.


C'est à la fois drôle, tragique, burlesque, poétique, fantastique et pathétique; très théâtral, très écrit (à voir en VO, bien entendu), avec des tas de théories philosophico-politico-religieuses sur le sens de la vie, j'adore ça. 
Les acteurs sont tous géniaux, et pas que Emma Thompson, Meryl Streep et Al Pacino (rien que ça); d'ailleurs mes personnages préférés sont incarnés par des acteurs moins célèbres, Justin Kirk (Prior Walter) et Mary-Louise Parker (Harper), les délaissés hallucinés. Je signale en passant qu'ils apparaissent tous les deux dans une autre série géniale, Weeds. Ca doit faire un peu téléphage de dire ça.

Je n'ai pas encore tout visionné, j'ai du arrêter à la vingt-deuxième minute du quatrième épisode (il y en a six), parce que Y. s'endormait.

10/06: ai fini de voir le quatrième épisode; toujours grandiose et burlesque; autre thème: soigner l'angoisse de la mort par l'humour et la dérision, ce qui par ailleurs est très juif.
16/06: je visionnais la fin ce soir. Quel talent. 

***

Angels in America, de Mike Nichols (2003) d'après Tony Kushner (1991), une série HBO.

D'autres séries HBO absolument fantastiques: Les Sopranos (1999/2007) et Six feet under (2001/2005).

samedi

MAUS, Art Spiegelman

Maus parle de la Shoah, du souvenir, de la culpabilité et du pardon. Pour ne rien gâcher, la bédé déborde de modernité et de fine intelligence, on se sent bien plus malin après l'avoir lu (et vu).
Pour tout dire, j'ai failli écraser une larme à la dernière image, qui vaut le détour.


A retenir: l'ambiguïté de la paternelle figure, survivant des camps, animé là-bas d'une soif de vivre inextinguible, impressionnant de volonté, de pugnacité, de débrouillardise et de droiture, devenu vieux bonhomme radin, hystérique, égoïste, culpabilisant et, de fait, difficilement supportable pour ses proches.
Je pourrais presque prêter mon exemplaire tellement c'était bien. Presque.

***

MAUS, Art Spiegelman (1981-1991), Flammarion. Prix Pulitzer 1992.

D'autres écrits autobiographiques sur l'Holocauste: Un désir fou de danser, Elie Wiesel et Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld. 

jeudi

J'ai épousé un communiste, Philip Roth

Comme d'habitude avec ce prolifique auteur américain, j'ai adoré, et je conseille grandement la lecture de ce roman à toute personne normalement constituée, aimant la grande histoire mêlée à la petite (mon dada, je le concède).
Style impeccable, intelligent, passionnant.
Les thèmes abordés: la politique au début du McCarthysme, la chasse aux sorcières, le miroir aux alouettes du communisme d'avant la déstalinisation, mais pas uniquement; j'ai beaucoup apprécié la relation du jeune homme en devenir face à la découverte du père spirituel, choisi, admiré, et pas imposé comme le père naturel (rejeté pour être mieux compris- plus tard), puis son désaveu (avant l'élection d'un nouveau modèle, etc). C'est en fait le récit de la constitution d'une personnalité adulte (et d'écrivain, par ailleurs), vue et comprise par le jeune homme lui-même avec le recul de plus de quarante ans.

Ajoutons à cela les différents points de vue, l'art et la manière dont l'auteur montre que chaque événement a été vécu différemment selon les personnages (le héros, son meilleur ami, son frère, sa femme, sa belle-fille, son fils spirituel, sa maîtresse, sa belle-soeur...), en rapport avec leur âge, leur personnalité, leur connaissance de détails ou de scènes inconnus des autres, leur capacité d'analyse. J'ai trouvé ça très bien foutu.
Plus convenu: la culpabilité, les tensions familiales, la sensibilité, l'amitié, le positionnement et les choix de vie politiques, la littérature comme béquille, l'incompréhension systématique entre parents qui veulent bien faire et enfants sourds (oui, bon, ça, je suis encore trop jeune pour apprécier la sans doute juste valeur de cet aspect-là du roman), la longueur d'une vie, la difficulté de rester soi (quand on s'est trouvé), et honnête avec ses choix; du Philip Roth, quoi (ce n'est pas une critique négative).

Voilà un excellent roman avec des trucs qui se passent dedans, ouah!



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J'ai épousé un communiste, Philip Roth, Gallimard, Folio, 1998.

Dans cet excellent roman, Philip Roth cite quelques auteurs à lire de toute évidence: Arthur Miller, Hemingway, Tom Wolfe et John Dos Passos.