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mardi

Challenge Woody Allen#4 Another woman

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Another woman **
(Une autre femme)

(1988) avec Gena Rowlands, Ian Holmes, Mia Farrow, Gene Hackman



Tout semble sourire à Marion (Gena Rowlands), qui est une femme brillante, professeur de philosophie à l'université, en congé pour écrire un nouveau livre, mariée à un charmant cardiologue qu'elle adore, très belle femme de 50 ans qui assume son âge avec panache. Ils mènent une vie intellectuellement stimulante et socialement intense.

Pourtant, l'écoute involontaire de discussions entre un psychanalyste et sa patiente en détresse (une obsession récurrente chez Woody Allen), qui discutent à l'étage au-dessus de son bureau, fait prendre conscience à Marion des failles dans sa vie et celle de ses proches, par exemple au sujet du manque cruel de relations sexuelles sur le sol.

Au hasard d'une rencontre entre les deux femmes, par un effet qui a certainement un nom dans les milieux autorisés, la déprimée (Mia Farrow enceinte jusqu'aux yeux) se réveille et s'envole pendant que Marion s'effondre. Mais comme elle a de la ressource, elle saura y voir le bon côté des choses et rebondir encore une fois.

Gena & Gene


Another woman n'est pas du tout une comédie, et fait partie de la période disons torturée de Woody Allen. Tout le monde n'aime pas, mais Gena Rowlands est tellement géniale!

dimanche

Challenge Woody Allen#3 Love and Death

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.



Love and Death *****
(Guerre et Amour)

(1975) avec Diane Keaton et Woody Allen. 
Comédie historico-littéraire.

Russie, début XIXème siècle.
En pleines guerres napoléoniennes, Boris, un jeune poète couard et bavard (Woody Allen), obsédé par le sexe, l'existence (ou non) de Dieu et ce qui se passe lorsqu'on décède, est amoureux de la belle Sonja (Diane Keaton). 

Un grand nombre de péripéties à la russe (le film est une adaptation libre de Guerre et Paix) l'amènent entre autres à combattre en duel pour les beaux attraits d'une comtesse, épouser sa cousine, manger de la neige, tenter d'assassiner Napoléon, et finalement mourir.


Love and Death est une comédie intelligente et cultivée (le pastiche de Bergman, les discours impromptus à la Tolstoï sur la nature ou le dialogue dostoïevskien sont à pleurer), comme d'habitude, mais aussi d'un niveau de drôlerie rarement atteint.

mardi

Challenge Woody Allen#2 Hannah and her sisters


Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.


Hannah and her sisters ***


(1986) avec Mia Farrow, Dianne West, Michael Caine, Woody Allen. 
Comédie bavarde.

Trois soeurs, deux maris, un tas de possibilités. 
Hannah (Mia Farrow), l'aînée des trois soeurs, est la rescapée de la famille: riche, brillante, comblée, épanouie dans sa vie professionnelle et familiale alors que ses deux soeurs, Lee et Holly, pas du tout.
L'une est droguée, l'autre alcoolique, elles n'ont pas de travail, vivotant des bluettes sans lendemain ou aux crochets d'un vieil emmerdeur -mais cultivé. 
Lee et Holly se partagent les miettes d'Hannah en lui tapant du fric, mangeant à sa table ou en couchant avec ses maris ou ex-maris (Michael Caine, parfait dans son imper col de fourrure, et Woody Allen, hypocondriaque perdu dans sa foi, soigné par les Marx Brothers).

Hannah partageant sa félicité, les frangines finiront par trouver le bonheur.

Challenge Woody Allen#1 September & Shadows and Fog


Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.


September **

(1987) avec Mia Farrow et Dianne West. 
Comédie triste.


Ambiance Bergman, huis clos dans une maison du Vermont, Lane (Mia Farrow) est déprimée, s'habille comme un sac et n'a pas vu de peigne depuis un moment.
Elle est aimée secrètement par un vieux voisin veuf, mais amoureuse d'un jeune écrivain qu'elle héberge pour l'été, lui-même attiré par la meilleure amie (Dianne West) de Lane, de passage pour oublier mari et enfants.

L'été finirait comme il semble s'être déroulé (comprendre: sans baiser) sans l'arrivée de la mère impétueuse de Lane, bourrasque futile aux éclats de voix assourdissants, ancienne pin-up aux choix de vie délicats, au penchant net et sans détour pour la vodka.

A la faveur d'une tempête, tout s'emmêle, se démêle, quelques aveux et beaucoup de cris, avant les valises.



Shadows and Fog ****
Ombres et brouillard


(1992) avec Woody Allen, Mia Farrow, John Malkovitch, John Cusak et apparitions de Jodie Foster, Katie Bates et Madonna. 
Comédie.



Ambiance Murnau / Kafka / Freaks, film en noir et blanc.

Dans une ville d'Europe centrale, sévit un étrangleur. Kleinman ("petit homme" en allemand) (Woody Allen), un employé de bureau nerveux et un peu couard, est réveillé en pleine nuit pour participer à une battue de citoyens afin de retrouver l'étrangleur.
Il ne sait pas ce qu'il est sensé faire alors que tout le monde a l'air de penser qu'il sait (comme dans Le Procès, Kafka), et tout un tas de quiproquos et de malentendus découlent de cette incompréhension/inadaptation.
Tout au long du film qui se déroule sur une nuit pleine d'ombres et de brouillard, cachant les visages, intensifiant les bruits, déformant les silhouettes, il va se trouver poursuivi, arrêté, licencié, soupçonné, agressé, menacé...

Il croise plusieurs personnes durant cette étrange nuit, dont une avaleuse de sabres qui ne paie pas de mine (Mia Farrow), mais qui va se révéler forte et déterminée (like a jungle cat), l'aidant lui-même à trouver du courage, mais aussi à fuir (courage fuyons) dans un nouveau monde de magie et d'illusions.


lundi

Looking for Eric, Ken Loach


Hier soir j'entendais la critique du film par les critiques du Masque et la Plume (France Inter) et il est regrettable de constater qu'aucun d'entre eux n'a rien compris à ce beau film.
Ils soulignaient le fait que Ken Loach lâche ici la grande affaire politique et sociale de sa vie (il est communiste) pour se vautrer dans la sympatocherie footballistique et christique.

Ce qui est faux, car Looking for Eric a un discours de classe franchement radical à mes yeux (attention, ce qui suit sera proprement incompréhensible pour ceux qui n'auraient pas vu le film):




- l'opium du peuple (toutes ces télés partout qui sont une des raisons de la dérive familiale et dont la suppression représente un pas vers le retour à la liberté des personnages principaux),
- le militantisme communiste (Cantona et les Red Devils de l'équipe de Manchester!),
- l'union fait la force pour vaincre ceux qui dominent/humilient/exploitent/manipulent le peuple (la scène contre le voyou),
- la force du dialogue, du respect mutuel et du pacifisme (l'ex-femme) (mais oui),
- la possibilité d'une élévation sociale par le savoir (la fille aînée),
- l'union syndicale (les copains facteurs),
- les faibles exploités et soumis au mirage de la consommation et du bling-bling (le grand fils),
- les jeunes soumis à une violence sexuelle très tôt (le jeune fils et ses pornos)
- l'égalité sociale et le sens de la révolution (eh ouais) (l'extraordinaire scène des masques)...




J'en ai encore plein d'autres, mais le pompon, c'est de dire que Cantona symbolise la réussite du modèle américain et télévisuel de coachisation systématique, le coach de vie, le gourou, le dieu vivant. C'est absurde, Cantona lui-même avouant dans une scène très drôle (le film est très drôle) que non, il n'est pas un homme, il est Cantona.
Comprendre: il n'est que Cantona; en plus si ça se trouve, il n'existe même pas.



A noter que pour le fan de Cantona qui m'accompagnait, les scènes de souvenirs de buts et de passes glorieuses donnent le frisson.

***

Looking for Eric, un film de Ken Loach coproduit par Eric Cantonna (2009).

Un autre film britannique qui fait semblant de parler de foot pour tenir un discours social: Bend it Like Beckham!, un film de Gurinder Chadha (2002).

Un autre film avec des facteurs, mais un film bien pourri et bien pas drôle: Bienvenue chez les Ch'tis!, de Dany Boon (2007).

mercredi

un chat un chat, Sophie Fillières

Un film enlevé, léger, grave, triste et joyeux, avec des choses finies, des choses qui commencent et d'autres encore (parfois ce sont les mêmes) qui se poursuivent. On rit à des moments incongrus, alors qu'on ne voyait pas le rire venir.


Un film qui donne envie d'avoir un jeu de sourcils fantastique!

***
Un chat un chat, un film de Sophie Fillières (France, 2009).

Un autre film étrange et proche de cette réalisatrice: Aïe!, avec Hélène Fillières et André Dussolier (2000).

mardi

Le déjeuner du 15 août, Gianni Di Gregorio

Giaanniii.

Giaanniii.

Giaanniii.

Il y a toujours une vieille qui appelle Gianni depuis une autre pièce, dans cet appartement romain où on se cache de la chaleur du mois d'août.
Gianni se farcit pour des raisons qui lui appartiennent la présence de quatre mamas plus vraies que nature: caprices, déjeuners, dîners, nuits, la table, la télé, les câlins, les tisanes, les danses endiablées. Un jour et demi ahurissant, des verres de blanc bien frais, des légumes, des cigarettes sur la terrasse, des gratins de pâtes. 
Un charme absolument romain, en fait.

***
Le déjeuner du 15 août, un film de Giaaniii Di Gregorio (Italie, 2008).

Une autre comédie italienne  que j'aime follement: Mariage à l'italienne, de Vittorio De Sica (1964).

Un autre film avec une vieille emmerdeuse mais émouvante quand même, au fond: Tatie Danielle, d'Etienne Chatiliez (1990).



dimanche

Bons baisers de Bruges, Martin McDonagh

Ma journée commençait bien, je vomissais douloureusement de la bile mais pesais bien moins que les derniers mois; j'ai réussi à faire une sieste du matin (les enfants visitaient Grand-Mère); j'ai adoré le film vu l'après-midi; Yassek-la-pastèque aussi. 


En plus j'étais amoureuse de Colin Farrell tout le long du film, et même encore maintenant; torturé, il se rongeait les ongles, des larmes coulaient sur ses joues qui piquent, et portait la même chemise tout le temps mais de manière toujours différente, quel sens de l'esbrouffe. Ralph Fiennes m'a fait peur, j'ai choisi la destination de nos vacances prochaines (devine un peu où), eu envie de boire une pression de tapette bien fraîche avec beaucoup de mousse amère, décidé de faire découvrir Jérôme Bosch à mon fils, et pas saisi comment on dit "nain" en anglais (avec un accent irlandais).

Un film très drôle et très tragique, avec un scénario malin et intelligent (une précieuse rareté), des dialogues absurdes et ciselés, des acteurs vraiment parfaits, même les français, et une esthétique flamande renversante. Franchement, l'affiche du film ne fait pas honneur, mais bon.
Est-il nécessaire de préciser qu'un film pareil ne peut se voir qu'en VO?

***

Bons baisers de Bruges, un film de Martin McDonagh (2008), avec Colin Farrell, Brendan Gleeson, Ralph Fiennes, Clémence Poésy. (4,80€ la place).

D'autres films avec l'excellent Colin Farell: Le rêve de Cassandre, Woody Allen (2007) et Alexandre, Oliver Stone (2004).

Autres choses à voir avec des tueurs torturés qui culpabilisent: Les Sopranos, David Chase (86 épisodes de la meilleure série du monde) et Mafia Blues, une comédie naze avec Robert De Niro et Billy Cristal (1999).


jeudi

Croisette, Joann Sfar

Pour la première fois je lisais un des "Carnets", de ce dessinateur que par ailleurs j'aime beaucoup. 
Bon, le titre est un peu mensonger, parce que Cannes n'y est évoqué que dans une grosse première partie, la seconde contenant un joyeux fourre-tout, vacances en Toscane ou à Maurice, listes de course (lingettes démaquillantes, toasts), autosatisfaction personnelle, professionnelle et familiale, fausse modestie, autorité morale,
 publicité perso (Pascin, Le chat, Charlie, Le Petit Prince, ses propres films à venir); je fais du mauvais esprit exprès.

 
En réalité, j'ai beaucoup aimé, je regrette simplement la rareté du second degré et le peu de distance, mais sinon, on ne peut pas s'empêcher d'admirer la finesse de l'esprit, l'intérêt du propos et la qualité du dessin. A un moment (page 157), il explique ce qu'il aime dans le cinéma, ce qu'il en attend; c'est au mot près ce à quoi j'aspire quand je lis des romans. Et puis sa liste de réalisateurs préférés m'a troublée, trop de points communs (même dans l'ordre énoncé). Un carnet très enthousiasmant, en fin de compte.


Moins de deux minutes après avoir refermé le bouquin d'une cherté abusive soit dit en passant, j'ai croqué mon chéri qui s'endormait sur le canapé. 
Bilan: je veux lire tout Sfar (et il publie beaucoup, tout ça me ruinerait si j'en avais le potentiel), me mettre au violon et dessiner plus régulièrement.

***

Croisette, Joann Sfar (2008) (Guy Delcourt, collection Shampooing) (23€).

Une autre bédé de Joann Sfar que j'adore: Le chat du rabbin (t.1 à 5)(Dargaud).

mardi

Conte de Noël, Arnaud Desplechin

Un film admirable, enthousiasmant, drôle et dérangeant. 
En écoutant Le masque et la plume, dimanche dernier, nous nous sommes amusés du fossé entre les lettres assassines d'auditeurs dénigrant avec violence ce film encensé par les critiques présents; d'autres fois le rapport s'inverse, ce sont les meilleurs moments de l'émission, vacharde à souhait (enfin faut aimer). 
Je peux maintenant me placer du côté de ce cher Alain Riou; j'ai absolument adoré, du début à la fin, rien ne se passe comme on s'y attendrait, ce film est bourré de charme et de surprise, dans le fond et dans la forme. 
Tous les personnages (et ça explique leurs attitudes) suintent d'égoïsme, d'égocentrisme et de narcissisme, (voilà le sujet principal du film), comme dans la vie; une vraie réussite. 
Mon Mari* (private joke) m'a un peu reconnue dans le personnage de Mathieu Amalric, ce qui ne déplaît pas totalement, c'était lui le plus amusant.



Il faut dire que j'avais un a priori très favorable: il y a quelques semaines, la couverture de Télérama présentait une photo de groupe des acteurs du film; ma fille d'un an et demi a mis le doigt sur le visage de Melvil Poupaud en disant "papa, papa", alors je lui ai dit, "oui, c'est vrai, il ressemble un peu à papa; et maman, où elle est?", et la douce enfant de pointer Chiara Mastroianni!