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mardi

Challenge Woody Allen#4 Another woman

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Another woman **
(Une autre femme)

(1988) avec Gena Rowlands, Ian Holmes, Mia Farrow, Gene Hackman



Tout semble sourire à Marion (Gena Rowlands), qui est une femme brillante, professeur de philosophie à l'université, en congé pour écrire un nouveau livre, mariée à un charmant cardiologue qu'elle adore, très belle femme de 50 ans qui assume son âge avec panache. Ils mènent une vie intellectuellement stimulante et socialement intense.

Pourtant, l'écoute involontaire de discussions entre un psychanalyste et sa patiente en détresse (une obsession récurrente chez Woody Allen), qui discutent à l'étage au-dessus de son bureau, fait prendre conscience à Marion des failles dans sa vie et celle de ses proches, par exemple au sujet du manque cruel de relations sexuelles sur le sol.

Au hasard d'une rencontre entre les deux femmes, par un effet qui a certainement un nom dans les milieux autorisés, la déprimée (Mia Farrow enceinte jusqu'aux yeux) se réveille et s'envole pendant que Marion s'effondre. Mais comme elle a de la ressource, elle saura y voir le bon côté des choses et rebondir encore une fois.

Gena & Gene


Another woman n'est pas du tout une comédie, et fait partie de la période disons torturée de Woody Allen. Tout le monde n'aime pas, mais Gena Rowlands est tellement géniale!

samedi

Dans les bois éternels, Fred Vargas

J'aime bien les polars de Fred Vargas, parce que les personnages sont attachants, les histoires surréalistes, et puis qu'on y apprend des tas de trucs sur l'archéologie, la botanique et le moyen-âge, en revanche strictement rien sur le fonctionnement de la justice ou de la police, ce qui me convient bien parce que je m'en contrefiche. Je me fiche aussi de la botanique mais bon.


Surtout, j'associe ses romans à des moments vraiment particuliers. 


Des souvenirs de plage ensoleillée avec un mec vraiment sublime qui s'occupe des enfants pour que je lise tranquillement pendant toute la journée, de concours ratés et de dépression au fond du lit pendant toute la journée, et pour cette fois, une longue journée à patienter au rayon chirurgie pédiatrique (je sais qu'on ne dit pas "rayon" mais "service", simplement l'astuce m'amuse) (il m'en faut peu, mais c'est une grande qualité je trouve).


Quand les infirmières ont emmené ma joyeuse enfant au bloc (rien de grave), je suis descendue à la cafétéria de l'hôpital parce que j'étais moi aussi à jeun par solidarité. C'est seulement là-bas que je me suis aperçue de l'oubli de mon bouquin dans la chambre, et comme au rayon pédiatrique c'est toute une histoire de se faire ouvrir les portes, j'ai pas pris la peine d'aller le récupérer. 
Alors j'ai hésité entre Voici (apparemment Charlotte Gainsbourg veut recoller les morceaux avec Yvan Attal) et un bouquin, hésitation étayée par le fait qu'il n'y avait de visu que du Gavalda (culcul-la-praline) ou des SAS (porno-macho) sur le présentoir de romans. 
Heureusement il y avait aussi des Fred Vargas (pour les gens entre-deux), dont un que j'avais pas encore lu, mais du coup je sais pas s'ils s'étaient déjà séparés ou quoi (Charlotte et Yvan). 




En ce qui concerne le roman, eh bien, il était super (ça c'est ce que j'appelle une critique constructive et développée).

Surtout que j'ai deviné rapidement qui était le (ou la? hmmm) meurtrier relativement tôt, alors ça a flatté mon ego de détective amateur. 
Remarque à mon avis c'était peut-être bien fait exprès qu'on devine vite, pour se sentir supérieur à Adamsberg et toute sa clique d'agents super compétents dans des tas de trucs autres que la justice, genre la nourriture, les connaissances livresques pointues, la zoologie, le calcul mental...

J'ai appris des choses essentielles sur les os mystérieux (dans les groins de porc, les zizis de chat -de carnivores en général-  et les coeurs de cerf; ça peut toujours faire son petit effet de savoir ça).

Note négative: sur une équipe de 27 policiers parisiens, pas un arabe, pas un noir, pas un chinois, et que deux femmes (dont une tellement grosse que tout le monde la prend pour une pucelle de 35 ans parce que qui voudrait dépuceler une grosse?), ça m'a paru un peu médiéval tout ça!

***

Dans les bois éternels, Fred Vargas (2006).

D'autres romans policiers un peu médiévaux? ceux de C.L. Grace (héroïne: Kathryn Swinbrooke, une sorte de femme médecin de Cantorbery, intrigues médicales et sociales) ou Paul C. Doherty (héros: Hugh Corbett, clerc du royaume, intrigues politiques) (c'est le même auteur sous deux noms différents), édités dans la collection Grands Détectives de 10/18.

Adamsberg adapté au cinéma ou à la télé? Fuyez José Garcia (non mais quelle idée, c'est n'importe quoi) et préférez Jean-Hugues Anglade (moins n'importe quoi, mais enfin pas le Pérou non plus).

vendredi

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee


Il faut d'abord insister sur le fait que ce célèbre roman fort bien ficelé est destiné à la jeunesse, donc passé treize ans, on trouvera ça cucul-la-praline, à juste titre.

Cela étant dit, pour l'élévation des jeunes gens, ça peut être intéressant, abordant des thèmes importants comme la justice, l'injustice, les différences sociales, la tolérance, et bien entendu le racisme puisque situé dans l'Alabama des années 30 et de la grande crise, il s'agit du sujet central.
La narratrice, Scout, évoque cependant ses souvenirs d'enfance de petite fille un peu agitée, entourée de son grand frère chéri Jem et d'un ami fidèle quoiqu'estival, Dill, sur un ton naïf, léger et souvent drôle, alors que le sujet (la violence des injustices faites à un jeune noir - pourtant propre et fréquentant l'église) permettait facilement de verser dans le larmoyant et la manichéisme primaire.
On n'en est pas loin, mais le pire est évité.

Perclus de bons sentiments, certes, mais écrit à la fin des années 50, à une époque où les problèmes évoqués n'avaient guère été réglés et étaient même d'actualité (conquête des droits civiques des noirs américains), ce roman a du mérite et d'ailleurs il ne cesse depuis d'être une référence en la matière (il fait partie des ouvrages incontournables étudiés dans tous les collèges et lycées des Etats-Unis).
On notera avec ravissement, pour ceux que ça intéresse, que le personnage de Dill a été influencé par Truman Capote, ami d'enfance de l'auteure, Nelle Harper Lee.

La biographie de cette dernière interpelle par ailleurs, puisqu'après avoir connu un phénoménal succès avec ce premier roman, assorti de la gloire d'un prestigieux Pulitzer 1961 et d'une adaptation cinématographique immédiate offrant des oscars notamment au magnifique Gregory Peck qui tient le rôle du père, Atticus Finch, merveilleux de gentillesse, de dignité et de droiture, la jeune femme qui a fini par vieillir n'a plus jamais rien publié.
A ce sujet, des tas de légendes ont circulé: Capote serait le véritable auteur, ses tiroirs seraient pleins mais l'angoisse d'affronter la critique importerait trop à la discrète romancière, ou bien encore elle publierait sous différents pseudonymes... (source: wikipédia, alors si ça se trouve c'est pas vrai!).


***
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, un roman signé Harper Lee, 1960 (Editions de Fallois, Livre de poche).

Deux films où apparait la figure de Nelle Harper Lee sous les traits respectifs de Catherine Keenner et de Sandra Bullock: Capote de Bennett Miller (2005) et Infamous (Scandaleusement célèbre) de Douglas McGrath (2006). J'ai vu les deux, ce sont deux films traités de la même façon sur la même période (l'enquête et l'écriture du roman De sang froid), avec quelques nuances dans l'interprétation des écrits; j'ai préféré Infamous, le méchant était plus sexy et plus... méchant.

Le film tiré du roman To kill a Mockingbird: Du silence et des ombres un film de Robert Mulligan, 1962.


Nouvelles histoires du Wyoming, Annie Proulx

Je n'ai fichtrement aucune idée de où peut bien se trouver le Wyoming sur une carte des Etats-Unis; pas grave, a priori les habitants du Wyoming non plus!
Ne connaissant Annie Proulx que de lointaine réputation, j'imaginais une série de nouvelles sordides, ou cruelles, ou dures, à la fin desquelles je ne pourrais m'empêcher de pleurer comme une madeleine.
Il y en a, cela dit j'ai énormément ri, voire été prise au dépourvu, notamment par quelques saillies surréalistes.
Des péquenots et des loosers, certes d'abondance, mais toujours traités avec respect et bienveillance, en quelque sorte, notamment les héros récurrents traînant au bar Pee Wee à Elk Tooth (nulle part et partout, au Biergarten du coin on doit trouver les mêmes!).
La plupart des personnages sont grotesques, mais pas dupes d'eux-même.
La morale de ce recueil, dont la première nouvelle porte le délicieux titre équivoque Le Trou de l'Enfer pourrait être que le monde n'a peut-être rien de bien joli, mais on s'en remettra.

Et c'est ce que nous annonçait l'épigraphe, après vérification...

***
Nouvelles histoires du Wyoming, d'Annie Proulx, 2004, (Le Livre de Poche).

Où l'on comprend que les paysans du Wyoming peuvent aussi avoir des sentiments : Brokeback Mountain, un film dramatique tout ce qu'il y a de plus dramatique, de Ang Lee, 2005, d'après une nouvelle d'Annie Proulx, justement, ouah le monde est petit!

mercredi

un chat un chat, Sophie Fillières

Un film enlevé, léger, grave, triste et joyeux, avec des choses finies, des choses qui commencent et d'autres encore (parfois ce sont les mêmes) qui se poursuivent. On rit à des moments incongrus, alors qu'on ne voyait pas le rire venir.


Un film qui donne envie d'avoir un jeu de sourcils fantastique!

***
Un chat un chat, un film de Sophie Fillières (France, 2009).

Un autre film étrange et proche de cette réalisatrice: Aïe!, avec Hélène Fillières et André Dussolier (2000).

vendredi

Joyeuses funérailles, Ludmila Oulitskaïa

Un délicieux petit roman réunissant à la fois de l'âme slave et de l'esprit new-yorkais que j'affectionne tant.



Il y a plein de monde qui circule dans ce grand loft où le héros de ces dames se meure lentement; d'après les infos télévisées, ça bouge en URSS; l'Amérique a réservé des parcours différents à tous ces émigrés qui se fréquentent autour du futur défunt, comme un Moscou reconstitué; l'air suffoquant de l'été new-yorkais plonge tous les personnages, qui veillent au chevet de leur ami, dans une certaine torpeur, se désaltérant de vodka au jus d'orange, à la mode américaine. Une jeune fille qui se cherche une histoire, des ex-maîtresses qui ressassent, un pope et un rabbin, une folle qui ne sait pas quoi se mettre, le sens du départ, beaucoup d'amis responsables, une scène finale très émouvante.

***

Joyeuses funérailles, Ludmila Oulitskaïa, Gallimard, Folio (1997).

Un autre petit roman bourré d'expatriés bohêmes: Jours tranquilles à Clichy, Henry Miller.

dimanche

Dans la main du diable, Anne-Marie Garat

Bon. L'ambivalence des sentiments règne à plein avec ce conséquent pavé. L'auteur (une universitaire spécialisée dans l'étude des arts visuels) remercie les archivistes avenants (je cite) de la BNF. C'est vrai que les passages sur la fabrique de petits gâteaux au début du siècle sentent un peu les archives avenantes de la BNF.


L'histoire: à Paris, fin 1913-début 1914, une jeune fille bourgeoise-bohême, au prénom ravissant, riche héritière, fille d'artistes morts, élevée par une tante hongroise et une grosse nourrice aveyronaise, pianiste à ses heures grâce aux cours d'une polonaise lesbienne élève de Saint-Saëns, mène une enquête haletante au sujet de la disparition mystérieuse de son cousin, un fieffé coquin qui lui a prit sa fleur avant de partir en Orient. Avec tout ça, une riche famille spécialisée dans le biscuit, une petite
orpheline, un scientifique sexy disciple de Pasteur (qui sent l'humus figurez-vous)(le sexy, pas Pasteur!), un inquiétant employé du ministère de la Guerre, des histoires pas nettes en Asie, un
notaire lubrique, un petit-fils ingrat, une hystérique de la soupe populaire, un délicieux anarchiste à l'abondante chevelure noire et bouclée (what else?), un flic épais mais fin; je pourrais continuer encore un peu, y en 1300 pages. Voyez le genre.
Historiquement, j'ai trouvé ce roman un peu léger, bourré de clichés éhontés sur l'émancipation par le travail et les orgasmes hors mariage, la misère ouvrière et les débuts des revendications syndicales organisées, la guerre moderne qui se profile.
Au niveau du style, c'est guère mieux, étourdissant de formules à coucher dehors, dans le genre feuilleton du XIX avec des allusions sexuelles en plus, une débauche de vocabulaire échevelée, des métaphores botaniques en veux-tu en voilà...
A la rigueur, on a envie de savoir comment ça finit (et encore, vu qu'on le devine à la dixième page).


Du coup, j'ai mis du temps à rentrer dans l'histoire, mais comme au bout de 700 pages, il en restait autant, j'ai dévoré la deuxième partie, habituée que j'étais aux fantaisies littéraires ampoulées (sinon gratinées) d'Anne-Marie Garat.

Disons que c'est le genre de choses à lire pendant les vacances, en se prenant pour une Bovary des plages. Une sorte de Harlequin, mais en mieux (enfin je suppose).
N'empêche que la suite est sortie et qu'il y a bientôt une dédicace dans une librairie chic près de chez moi. Je me tâte.