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jeudi

Paris est une fête, Ernest Hemingway

Hemingway et sa femme, Hemingway et Gertrude, Hemingway et Sylvia, Hemingway et Ezra, Hemingway et Francis...

Ernest glande à La Closerie des Lilas, Ernest skie dans le Vorarlberg, Ernest joue au tiercé, Ernest prend le train sans Francis, Ernest en tient une bonne...

A l'occasion, le fantôme de Pacsin, Juan Gris ou Picasso.

Des souvenirs parisiens, entre 1921 et 1926, très alcoolisés et souvent affamés, de discussions passionnantes en compagnie de personnes ayant conscience de leur hauteur dans des lieux qui se veulent encore incontournables.



Je n'ai jamais raffolé d'Hemingway (enfin jusqu'à ce que je voie Midnight in Paris l'autre jour); mais comme j'ai trouvé l'opus (d'époque) chez ma grand-mère qui était vivante quand ces histoires se sont passées, je me suis fait violence et j'ai pas été déçue. 

Cependant, dans le conflit moral qui oppose Fitzgerald, Zelda et Hemingway, je continue à pencher pour la bonne foi de Zelda et trouve la rage d'Ernest envers elle un peu louche.

Par ailleurs, si vous voulez faire un pèlerinage, Gertrude Stein est enterrée au cimetière du Père Lachaise, j'ai aidé des touristes américains à retrouver sa tombe début juillet (moi je cherchais celle de Jacques Duclos pour des raisons qui me sont propres, ainsi que la tombe de mon prestigieux ancêtre).


***

Paris est une fête, Ernest Hemingway (publication posthume, 1964).

Un voyage cinématographique au milieu de Paris est une fête? L'excellent Midnight in Paris de Woody Allen.

Pour compléter la saga Ernest-Francis-Zelda évoquée ans les derniers chapitres de Paris est une fête? Accordez-moi cette valse, Zelda Fitzgerald, Tendre est la nuit, Francis Scott Fitzgerald, Alabama Song, Gilles Leroy.

Vous aimez l'histoire de la fameuse libraire anglophone Shakespeare et Cie et toutes ces folles années riches et fécondes autour des plus grands artistes du XXème siècle et d'un de mes âges d'or de Paris? lisez sans attendre Passage de l'Odéon, Sylvia Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l'entre-eux-guerres de Laure Murat!




Accordez-moi cette valse, Zelda Fitzgerald

Plusieurs problèmes de taille se sont posés à moi à la lecture de ce "roman", sorte de préfiguration de l'auto-fiction à clés (recherche Francis, recherche Ernest...).






D'une part, j'ai toujours détesté son mari, Francis Scott Fitzgerald; étant donné qu'elle aussi, je pensais que ça nous ferait un point d'entente mais en fait non.

D'autre part, elle souffrait de troubles psychiatriques importants (en tout cas elle a passé du temps en HP, où elle mourût d'ailleurs dans des conditions horribles) (dans un incendie pour tout dire, un truc affreux), et à l'époque où elle rédige ce texte, elle est déjà internée, ce qui doit expliquer ce nombre ahurissant et le style complètement halluciné de ses métaphores. Du jamais vu, on croirait lire des poèmes écrits en mode automatique par un lycéen sous acide. A un moment, ça s'arrête et on reprend le fil, David (Francis) est égoïste et mesquin, Hataway (Hemingway) un connard fini, etc.


Enfin, il semblerait que Francis (l'égoïste mesquin) ait outrageusement tronçonné dans les écrits de Zelda (le manuscrit original, son journal, ses nouvelles) et pillé la plupart des bons passages pour étayer ses propres textes. Comme quoi j'avais raison de le détester.

Cela étant, je conseille la lecture pour toutes les femmes qui s'imaginent pouvoir devenir ballerine à vingt-cinq ans passés (ce qui réunira bien peu de personnes, je le crains).




***

Accordez-moi cette valse, Zelda Fitzgerald (1932).

Un autre roman également sur le même sujet écrit de l'autre point de vue? Tendre est la nuit, de Francis Scott Fitzgerald (1934), mari de Zelda.


Un autre roman écrit par Gilles Leroy sur le même sujet? Alabama Song, prix Goncourt 2007 qui plus est. 
Comme je l'avais déjà lu dans un moment de curiosité mondaine, je connaissais déjà toute l'histoire de la vie  de Zelda, d'autant que le dit Gilles s'est contenté de tout recopier en virant les métaphores (du coup j'ai préféré, mais ça m'embête, pour des causes de propriété intellectuelle).


Le film: Tender is the night, Henry King (1962).