jeudi

Challenge Woody Allen#6 Intérieurs

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé deregarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allenavant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Interiors ****
(Intérieurs)

(1978) avec Geraldine Page, Diane Keaton

Un vieil homme décide de profiter du temps qui lui reste et de quitter son épouse très fragile, passionnée de décoration intérieure mais depuis toujours hostile à la vraie vie. Leurs trois filles, Renata, Flynn et Joey assistent impuissantes au délitement du couple parental, à la renaissance du père, à la mort de la mère.




Un très beau drame, dans une ambiance vraiment nostalgique, avec de longs silences, et bourré de dépression, de rancoeur, d'infinie tristesse et de mort. 

samedi

Sévère, Régis Jauffret

Récit de l'affaire Stern, mais à la première personne du singulier (donc comme la narratrice est une femme et l'auteur un homme, c'est un roman, légalement parlant).

Se déroulent les souvenirs a posteriori d'une femme un peu paumée qui, après avoir tué son amant, s'envola pour un tour du monde de quelques jours avant de revenir se faire enfermer par la police helvétique.

Elle entretient pendant des années une liaison compliquée et vaguement immorale avec un type plein aux as et très méchant (la preuve, il tuait des animaux). Après quatre ans de hauts et de (coups) bas, elle lui réclame un million de dollars.
Il les lui donne, puis les lui reprend.
Mauvaise idée. Il aurait mieux fait de continuer à la fouetter dans des hôtels de passe à Barbès, ça la révoltait moins. Elle se fâche, et comme tout le monde s'en souvient, c'est en combinaison latex intégrale et rose que le méchant (qui a peur des loups) se prend une balle dans la tête.

Sévèrement cinglée et sévèrement éliminé, Cécile Brossard et Edouard Stern sont bien traités par Régis Jauffret, qui respecte gentiment, dans la mesure du possible, ses deux sujets et leur histoire.

Une chose est sûre: ce court roman plaira aux inconditionnels des faits divers (du genre de ceux qui veillent pour regarder des rediffusions nocturnes de "Faites entrer l'accusé", malgré Hondelatte en cuir) (j'en connais un, super beau en plus).



***

Sévère, Régis Jauffret (2010). 

Un bouquin de Jauffret hallucinant d'inventivité et sombre à mourir? Microfictions! De quoi en remontrer à tous les tenants de l'autofiction!

jeudi

L'enfant volé, Ian McEwan

Londres, une année des JO au début des années 80.



Stephen a perdu sa fille de trois ans au supermarché. Il tente de survivre à ça.



Un sujet facilement larmoyant (on imagine bien ce qu'en aurait fait Emmanuel Carrère!), mais un roman beaucoup plus ambitieux que ça, sur le temps, ce qu'on en fait, comment un enfant est désiré, naît, grandit et s'envole, parfois n'importe quand, ou n'importe comment...

Stephen, sa femme, ses parents, ses amis, un camionneur accidenté, affrontent un passé, des drames, des éternels remords, et tentent d'aller de l'avant, ou en arrière, ou en suspens, chacun à sa façon.

Il s'agit tout de même d'un roman anglais, donc il y a aussi la rédaction en comité Théodule d'un manuel de pédagogie appliquée, les hypocrisies de la politique, des histoires de train et des pots de thé au jasmin... Ah c'était bien! (pas top, mais bien)

***

L'enfant volé, Ian McEwan (1987). (en VO: The Child in Time)

Un roman parfait de Ian McEwan à l'intrigue passionnante assorti d'un film pas trop mal: Expiation (2001) (en VO: Atonement), devenu Reviens-moi pour le titre français du film qui reste Atonement en VO. Vous suivez? 


Challenge Woody Allen#5 Nuit de Chine

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé deregarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allenavant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Don't drink the water *****
(Nuit de chine)

(1994) téléfilm avec Woody Allen, Michael J. Fox


Un petit pays derrière le rideau de fer, 1961. 


Axel Magee (Michael J. Fox) est le fils d'un ambassadeur américain en terre communiste; il profite d'un voyage de ce dernier pour le remplacer et faire ses preuves. Il ne s'avère pas très doué dans sa tâche et c'est malheureusement ce moment qu'a choisi Walter Hollander (Woody Allen, survolté), un touriste américain de Newark, New Jersey, pour prendre à l'insu de son plein gré des photos compromettantes entraînant un effroyable quiproquo diplomatique entre les deux blocs. 






Réfugié avec sa femme et sa séduisante fille dans l'enceinte de l'ambassade, commence un séjour haletant, entre espionnite aigüe, marivaudage romantique et hystérie collective. 


Tout un ballet de personnages à mourir de rire (Axel, Walter, la fille et la femme de Walter, le personnel de l'ambassade -surtout celui qui se prend pour les frères Wright-, l'émir, le prêtre magicien, les policiers soviétiques...), des dialogues ciselés et un sens du burlesque décapant font de ce (télé)film tiré d'une pièce de théâtre écrite par mon héros en 1966, un pur chef d'oeuvre comique.





dimanche

Le facteur humain, Graham Greene

Londres, fin des années 70. 


Dans les locaux secrets de la Boîte (le MI-6 ou 5? ou 7? je ne sais plus mais bon, en gros, chez les espions de l'étranger), Castle et Davis s'ennuient un peu entre deux rapports de leurs correspondants en Afrique.

Maurice Castle a 62 ans, il est las de ce boulot et préfèrerait profiter d'une vie moins secrète auprès de sa femme Sarah, une jeune noire rencontrée en Afrique du Sud lors d'une mission sept ans auparavant, et de leur fils Sam.

Arthur Davis est encore jeune, pressé d'en découdre sur le sol africain, et en attendant d'avoir une vie plus trépidante, il joue aux courses, roule en Jaguar, boit beaucoup et drague Cynthia, sa secrétaire.

Ces deux personnages vont être les principaux objets d'une enquête interne autour d'une fuite supposée, dirigée par le Docteur Percival, un gros connard froid comme un poisson, Daintry, un type honnête et droit, et John Hargreaves alias "C", le patron de la Boîte. 



Le tout sur fond d'idéologies radicales dans un monde encore si proche où les divergences politiques creusaient des tranchées (et des tombes): guerre froide, Apartheid, colonisation, communisme, patriotisme, tout y passe.
Comme toujours chez Graham Greene, l'honnêteté, envers soi ou les autres, la droiture, le bon fond, ne sont pas des choses simples et carrées. 
Les âmes sont souvent torturées; si elles ne le sont pas encore, c'est sans doute pour bientôt. C'est le facteur humain.

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Le facteur humain, Graham Greene (1978). (en VO: The Human Factor)

Un autre roman trépident avec le mot "facteur" dans le titre? Le facteur sonne toujours deux fois, de James Cain!

Mon premier Graham Greene: Le troisième homme, en quatrième: mon premier "livre de grands": une révélation!


mardi

Challenge Woody Allen#4 Another woman

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois revoir notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.




Another woman **
(Une autre femme)

(1988) avec Gena Rowlands, Ian Holmes, Mia Farrow, Gene Hackman



Tout semble sourire à Marion (Gena Rowlands), qui est une femme brillante, professeur de philosophie à l'université, en congé pour écrire un nouveau livre, mariée à un charmant cardiologue qu'elle adore, très belle femme de 50 ans qui assume son âge avec panache. Ils mènent une vie intellectuellement stimulante et socialement intense.

Pourtant, l'écoute involontaire de discussions entre un psychanalyste et sa patiente en détresse (une obsession récurrente chez Woody Allen), qui discutent à l'étage au-dessus de son bureau, fait prendre conscience à Marion des failles dans sa vie et celle de ses proches, par exemple au sujet du manque cruel de relations sexuelles sur le sol.

Au hasard d'une rencontre entre les deux femmes, par un effet qui a certainement un nom dans les milieux autorisés, la déprimée (Mia Farrow enceinte jusqu'aux yeux) se réveille et s'envole pendant que Marion s'effondre. Mais comme elle a de la ressource, elle saura y voir le bon côté des choses et rebondir encore une fois.

Gena & Gene


Another woman n'est pas du tout une comédie, et fait partie de la période disons torturée de Woody Allen. Tout le monde n'aime pas, mais Gena Rowlands est tellement géniale!