dimanche

Challenge Woody Allen#3 Love and Death

Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.



Love and Death *****
(Guerre et Amour)

(1975) avec Diane Keaton et Woody Allen. 
Comédie historico-littéraire.

Russie, début XIXème siècle.
En pleines guerres napoléoniennes, Boris, un jeune poète couard et bavard (Woody Allen), obsédé par le sexe, l'existence (ou non) de Dieu et ce qui se passe lorsqu'on décède, est amoureux de la belle Sonja (Diane Keaton). 

Un grand nombre de péripéties à la russe (le film est une adaptation libre de Guerre et Paix) l'amènent entre autres à combattre en duel pour les beaux attraits d'une comtesse, épouser sa cousine, manger de la neige, tenter d'assassiner Napoléon, et finalement mourir.


Love and Death est une comédie intelligente et cultivée (le pastiche de Bergman, les discours impromptus à la Tolstoï sur la nature ou le dialogue dostoïevskien sont à pleurer), comme d'habitude, mais aussi d'un niveau de drôlerie rarement atteint.

mardi

Challenge Woody Allen#2 Hannah and her sisters


Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.


Hannah and her sisters ***


(1986) avec Mia Farrow, Dianne West, Michael Caine, Woody Allen. 
Comédie bavarde.

Trois soeurs, deux maris, un tas de possibilités. 
Hannah (Mia Farrow), l'aînée des trois soeurs, est la rescapée de la famille: riche, brillante, comblée, épanouie dans sa vie professionnelle et familiale alors que ses deux soeurs, Lee et Holly, pas du tout.
L'une est droguée, l'autre alcoolique, elles n'ont pas de travail, vivotant des bluettes sans lendemain ou aux crochets d'un vieil emmerdeur -mais cultivé. 
Lee et Holly se partagent les miettes d'Hannah en lui tapant du fric, mangeant à sa table ou en couchant avec ses maris ou ex-maris (Michael Caine, parfait dans son imper col de fourrure, et Woody Allen, hypocondriaque perdu dans sa foi, soigné par les Marx Brothers).

Hannah partageant sa félicité, les frangines finiront par trouver le bonheur.

Challenge Woody Allen#1 September & Shadows and Fog


Avec Mario Poppins*, mon époux noces de cuir, nous avons décidé de regarder une dernière fois notre collection de Woody Allen avant d'enfermer nos DVD pour un nombre d'années indéterminé. Notes ex abrupto.


September **

(1987) avec Mia Farrow et Dianne West. 
Comédie triste.


Ambiance Bergman, huis clos dans une maison du Vermont, Lane (Mia Farrow) est déprimée, s'habille comme un sac et n'a pas vu de peigne depuis un moment.
Elle est aimée secrètement par un vieux voisin veuf, mais amoureuse d'un jeune écrivain qu'elle héberge pour l'été, lui-même attiré par la meilleure amie (Dianne West) de Lane, de passage pour oublier mari et enfants.

L'été finirait comme il semble s'être déroulé (comprendre: sans baiser) sans l'arrivée de la mère impétueuse de Lane, bourrasque futile aux éclats de voix assourdissants, ancienne pin-up aux choix de vie délicats, au penchant net et sans détour pour la vodka.

A la faveur d'une tempête, tout s'emmêle, se démêle, quelques aveux et beaucoup de cris, avant les valises.



Shadows and Fog ****
Ombres et brouillard


(1992) avec Woody Allen, Mia Farrow, John Malkovitch, John Cusak et apparitions de Jodie Foster, Katie Bates et Madonna. 
Comédie.



Ambiance Murnau / Kafka / Freaks, film en noir et blanc.

Dans une ville d'Europe centrale, sévit un étrangleur. Kleinman ("petit homme" en allemand) (Woody Allen), un employé de bureau nerveux et un peu couard, est réveillé en pleine nuit pour participer à une battue de citoyens afin de retrouver l'étrangleur.
Il ne sait pas ce qu'il est sensé faire alors que tout le monde a l'air de penser qu'il sait (comme dans Le Procès, Kafka), et tout un tas de quiproquos et de malentendus découlent de cette incompréhension/inadaptation.
Tout au long du film qui se déroule sur une nuit pleine d'ombres et de brouillard, cachant les visages, intensifiant les bruits, déformant les silhouettes, il va se trouver poursuivi, arrêté, licencié, soupçonné, agressé, menacé...

Il croise plusieurs personnes durant cette étrange nuit, dont une avaleuse de sabres qui ne paie pas de mine (Mia Farrow), mais qui va se révéler forte et déterminée (like a jungle cat), l'aidant lui-même à trouver du courage, mais aussi à fuir (courage fuyons) dans un nouveau monde de magie et d'illusions.


vendredi

Elégie pour un américain, Siri Hustvedt


Merci à Blogger qui a su, 
en effaçant mon premier jet spirituel et enlevé, 
mettre à l'épreuve ma mémoire et ma ténacité.

Soyons clairs, ce que je préfère chez Siri Hustvedt, ce ne sont pas ses écrits. Ceci dit, ses romans ne tiennent pas trop mal la route, j'avais bien aimé Tout ce que j'aimais  (What I loved) (dédié à Paul Auster) malgré le titre vachement culcul-la-praline (aka Anna Gavalda) et L'envoûtement de Lily Dahl (The Enchantment of Lily Dahl) (dédié à ses mère et soeurs), au titre un peu plus austérien.



Elégie pour un américain (The Sorrows of an American) (dédié à sa fille Sophie Auster) démontre que l'auteur a de la suite dans les idées et un instinct familial très abouti. 

L'idée est intéressante, partir de bribes du journal de son père (le vrai) pour broder un roman sur l'américanisation, l'héritage et la transmission au sens large (d'une maison, d'un caractère, d'une nation), et puis comme le narrateur est psychiatre, on peut être sûr que tout cela sera traité avec intelligence et analysé avec finesse (les psy référents de Siri Hustvedt sont cités en fin d'ouvrage comme gage de sérieux).

Ca se passe à New-York où des tas de personnages beaux et intelligents se croisent (bon, il y en a bien un qui souffre de sudation excessive et handicapante) (d'ailleurs c'est le pauvre de service) (et si je vous dis qu'à la fin il s'avèrera être un brin travelo, vous risquez de ne pas me croire!) (à tort!).
Certains rappellent étrangement Siri, Paul et Sophie (sauf qu'ils s'appellent Inga, Max et Sonia, voyez le genre), ce qui convient parfaitement à mon appétence pour les romans à clé (aka Voici).

Le thème de la mémoire familiale dans le corps et dans l'esprit, ça m'a semblé un brin convenu et déjà vu; la construction quant à elle m'a dans l'ensemble un peu frustré, avec des tas d'histoires qui partent dans tous les sens, ce qui me laissait le temps de divaguer et d'imaginer des tas de solutions aux problèmes posés et finalement rien ou presque. 
Mon avis est partagé au final, entre une intrigue sympa et un mari de l'auteur trop génial, comme quoi c'est pas contagieux.



***

Elégie pour un américain, Siri Hustvedt(2008).

Ce que je préfère chez Siri Hustvedt? Son mari Paul Auster!

Mon premier roman de Paul Auster? Mr. Vertigo, lu pendant l'été 1997.

Deux supers films plus ou moins de Paul Auster? Smoke de Wayne Wang et Brooklyn Boogies de Wayne Wang et Paul Auster.

Le Paradis- un peu plus loin, Mario Vargas Llosa

Sous prétexte au départ de raconter la toute fin des vies de Flora Tristan et de son petit-fils Paul Gauguin, Mario Vargas Llosa, un de mes auteurs favoris, présente en réalité deux biographies romancées assez complètes à la faveur de flash-back bien amenés.

Pour mémoire, Flora Tristan est une révolutionnaire féministe du milieu du XIXème, une femme qui me rappelle sans émotion Glawdys, 4ème1, qui après une première salve de recherche en salle informatique pour préparer une exposition en éducation civique sur le féminisme en France, m'avait asséné sans ambages: "Ouah la tronche d'la meuf! Trop le boulé mâdâm! Pourquoi kjeufé une moche? Elle a dla moustache en plus!"

Paul Gauguin, quant à lui, inutile de vous le présenter, puisqu'il est devenu bien plus célèbre que son aïeule (lien de parenté que j'ignorais totalement), pour ses fameux tableaux avec toutes ces bonnes femmes sans chevilles et aux pieds plats, à la peau jaune-orange et aux arbres bleus. Grâce à deux billets de Yibus, je me suis aperçue qu'elles sont également souvent à moitié nues, ce qui ne m'avait jamais frappée auparavant! Etonnant, non?



L'ensemble étant mené en parallèle, un chapitre chacun son tour, jouant sur le fait que leurs vies sont effectivement marquées par d'identiques récurrences: l'absence du père, le détachement de la mère, le déracinement, l'attirance vers le lointain et le paradis perdu, l'espoir d'une vie purgée des vices contemporains (exploitation de la femme, embourgeoisement, conformisme...), la maladie et la souffrance du corps pendant des années, qui les amoindrit sans leur faire perdre de vue leurs déterminations politiques ou artistiques, et je pourrais certainement continuer longtemps comme ça mais j'ai un sachet de Tomatensuppe Toscana qui est en train de bouillir.

C'est un roman poétique, limpide et complexe, un double récit multiple, à la langue très personnelle, présentant deux personnalités énormes et hors-normes, et si vous voulez mon avis, il arrive de temps en temps qu'on ne reçoive pas un Prix Nobel de Littérature pour rien.

Enfin, à titre personnel, j'ai particulièrement adoré les passages sur Flora Tristan car j'ai une prédilection pour l'histoire sociale et urbaine de la France du XIXème, et j'ai rarement l'occasion, au quotidien, de me souvenir d'Agricole Perdiguier, de Victor Considérant ou de Prosper Enfantin...

Et à titre universel, notons le beau titre du roman, justement, qui raconte un peu la (les) fin(s). (en V.O.: El Paraìso en la otra esquina).


***

Le Paradis-un peu plus loin, Mario Vargas Llosa (2003).

Mon roman préféré de Mario Vargas Llosa? Tours et détours de la vilaine fille (2006). La fête au Bouc, (2000) ça déchire aussi, mais dans un autre genre.

Mon tableau préféré de Gauguin? son portrait de Van Gogh (1888), un autre peintre incompris de ses contemporains mais que je préfère de loin!


Retrouver Glawdys de 4ème1 plus vraie que nature? Voir L'Esquive, un film d'Abdellatif Kechiche (2002), sa mère, un film pas trop mortel dsa race, tvois, paske ça fé un peu caricatural, sa mère, mais t'as vu, kamême, cé tro ça!